• Dorian Prévost

L’après-COVID-19 : quelles opportunités futures pour les FinTech tricolores ?



Manque de visibilité, chute des commandes, contrats suspendus ou arrêtés, problèmes logistiques, difficultés financières… Pour répondre aux difficultés immédiates générées par la crise sanitaire du COVID-19, comme la plupart des entreprises, les FinTech tricolores et leurs dirigeants ont notamment pris des mesures de réduction des coûts.


L’objectif pour les FinTech françaises est simple : encaisser le choc du mieux qu’elles peuvent pour être en mesure de rebondir et saisir les opportunités qui pourraient se présenter à elles, à l’issue de la crise du COVID-19.


Car malgré les incertitudes, une récente étude publiée aux Etats-Unis par Deloitte, le Cabinet d’audit et de conseil, Deloitte constate que certaines FinTech pourraient bénéficier de nouvelles opportunités. Cette étude est consacrée aux FinTech proposant leurs services aux Etats-Unis et n’est donc pas spécifiquement dédiée au marché français. Mais la majorité des analyses et des enseignements tirés de cette étude peuvent également être applicables aux FinTech françaises. C’est pour cette raison que qu’il reste néanmoins pertinent de prendre en compte cette étude intitulée « Beyond COVID-19: New opportunities for fintech companies » pour mieux anticiper les opportunités futures pour les FinTech françaises. Nous proposons donc ici de faire un tour d’horizon sur les opportunités futures attendues pour les FinTech françaises.


Tour d’horizon sur les potentielles opportunités futures


L’étude souligne que les FinTech, les AssurTech et les PropTech disposent d’avantages uniques qui permettent à la fois de créer de nouvelles façons de créer de la valeur dans l'environnement actuel et de se positionner pour prospérer à plus long terme. Elles disposent d’un certain nombre d'attributs qui leur donnent l'agilité nécessaire pour créer rapidement un produit et proposer de nouvelles solutions.


Selon Deloitte, avant de pouvoir prétendre saisir les opportunités futures, chaque FinTech va être contrainte de réexaminer le sens profond de ses actions et porter une réflexion sur sa raison d’être. L’enjeu clé pour les FinTech réside dans cette capacité à réussir à tirer profit des solutions existantes et nouvellement développées pour renforcer leur business à l’issue de la crise du COVID-19.


Les FinTech pourraient être contraintes de réexaminer leur mission et leurs modèles d’affaires après la crise du COVID-19. L’un des enjeux clés pour les FinTech consiste savoir comment tirer profit des solutions existantes et nouvellement développées pour saisir les opportunités futures.

Vers le boom du digital dans le secteur des services financiers


Les mesures de distanciation sociales imposées dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 tendent à favoriser le développement des nouveaux usages liés à la digitalisation des services financiers. Bien que ce mouvement de digitalisation du secteur financier ait été engagé depuis une décennie, confinement oblige, les clients effectuent désormais leurs opérations bancaires directement depuis leur smartphone ou leur tablette. Autre conséquence inattendue du confinement, les français se sont rués sur la Bourse pour tenter de faire de « bons coups ». Les opérations en Bourse sont également effectuées par les clients depuis leur smartphone ou leur tablette.


Cette situation exceptionnelle et inédite confirme une tendance vers des services financiers plus digitalisés. Or, par rapport aux acteurs traditionnels du secteur financier, les FinTech sont mieux positionnées pour accompagner ce mouvement vers le digital comme seul canal. En effet, de nombreux produits et/ou services commercialisés par les FinTech sont spécifiquement conçus pour une utilisation via un canal digital (un smartphone, une tablette ou un ordinateur). Les FinTech excellent souvent dans la présentation, l'intégration, la souscription, la visualisation des données, etc. A l’issue de la crise du COVID-19, ces capacités vont devenir probablement encore plus pertinentes et importantes comme un plus grand nombre de transactions financières seront effectuées via des canaux digitaux. Pour les produits et les services financiers grand public tels que la gestion de l’épargne, la gestion des comptes courants et la souscription à une carte de crédit, la clientèle va peu à peu se détourner des agences bancaires physiques, lesquelles étaient le premier canal de distribution. Cette situation est entamée depuis plusieurs années, parallèlement au développement des FinTech qui proposent des canaux digitaux de distribution : la fréquentation dans les agences bancaires physiques tend à baisser, notamment car la moitié des clients estime aujourd’hui ne plus avoir besoin d’un conseiller personnel.


Dans ce contexte, il y a de fortes chances pour que l’affrontement entre les acteurs traditionnels et les FinTech se durcisse. Pour les FinTech, l’enjeu majeur réside dans la capacité à gérer le passage à l’échelle avec l’augmentation importante du volume des transactions. Pour les acteurs traditionnels, l’enjeu clé consiste à être en mesure de gérer la fermeture des agences physiques et les répercussions sur le niveau d’activité. L’un des phénomènes que doivent anticiper les acteurs traditionnels est le déplacement de l’activité des agences bancaires physiques vers les call centers, point de contact privilégié par les clients dans le cadre d’une relation d’affaires à distance.


Vers une multiplication des partenariats stratégiques


Face à ces enjeux auxquels vont être confrontés les FinTech et les acteurs traditionnels, l’étude de Deloitte souligne qu’à l’issue de la crise du COVID-19, les FinTech pourraient bien être amenées à développer des partenariats stratégiques avec des acteurs traditionnels bien établis. En effet, ce type de partenariat apporte des synergies non négligeables.


Pour les acteurs traditionnels, de tels partenariats avec des FinTech permettent par exemple d’accéder à des nouveaux modes de paiement, mais aussi de disposer d’une plateforme API pour distribuer leurs produits et leurs services, et enfin d’accéder à une nouvelle clientèle peu présente auprès des acteurs traditionnels. En France, le Groupe Société Générale s’inscrit déjà clairement dans cette tendance et communique à ce sujet sur son site internet.


Quant aux FinTech, de tels partenariats leur permettent d'accéder à des outils, des logiciels et des technologies auxquels elles n'ont pas accès en l'absence de partenariat. Les FinTech dispose également de collaborateurs complémentaires disposant le plus souvent d'une expertise reconnue dans leurs domaines de compétences. Certaines FinTech vont par exemple pouvoir renforcer leur dispositif de sécurité financière en utilisant des outils du partenaire et/ou une partie des collaborateurs.


Selon l’étude de Deloitte, les FinTech pourraient également être poussées à créer des partenariats stratégiques avec d’autres FinTech ou même encore avec des sociétés non financières.


Les FinTech sont attendues sur le terrain de l’inclusion financière


D’après Deloitte, les FinTech vont aussi avoir des opportunités de croissance en accompagnant la bancarisation des populations exclues. Selon des études dirigées par la Banque mondiale, plus de 2 milliards de personnes dans le monde ne sont pas desservies par les services financiers existants. Il s’agit donc d’un marché important que les FinTech vont tenter de pénétrer. L'inclusion financière vise à donner accès à tous les individus - y compris les personnes à faible revenu - et aux entreprises à toute une gamme de produits et de services financiers adaptés à leurs besoins, à un prix raisonnable et de façon responsable. L’inclusion financière permet aux populations défavorisées de financer leurs activités, d’épargner, de subvenir aux besoins de leur famille et de se protéger contre les risques de la vie courante.


Les effets économiques néfastes résultant de la crise du COVID-19 ont rappelé avec force l’importance de fournir des services financiers aux personnes exclues. A l’issue de la crise du COVID-10, les FinTech peuvent contribuer à favoriser l’inclusion financière. Ces dernières années, le développement des technologies numériques dédiées aux services financiers a eu un impact significatif sur la finance traditionnelle. La technologie mobile est devenue la première porte d’entrée vers les services financiers. Plusieurs études confirment que les services de finance digitale sont le moyen le plus efficace pour offrir un accès aux services bancaires rapide, accessible et sécurisé : porte-monnaie électronique, plateformes de financement participatif, de crowdlending, etc. Avec leurs innovations, les FinTech sont dès lors particulièrement bien positionnées pour répondre à ces immenses opportunités futures.

Les FinTech vont profiter des atouts de « l’Internet des Objets »


Un des vecteurs privilégiés de la transmission du virus COVID-19 est le contact des mains non lavées, autrement dit, les mains sur des surfaces infectées qu’une personne pose ensuite sur sa bouche, son nez ou ses yeux. En fonction des températures et du taux d'humidité, le virus peut survivre quelques heures, voire quelques jours, sur des surfaces différentes si elles ne sont pas désinfectées.


Dès lors, selon l’étude de Deloitte, l’adoption des technologies de « l'Internet des Objets » (Internet of Things, en anglais) devrait s’accélérer plus vite que prévu. En effet, ces technologies permettent en particulier de limiter les contacts avec des surfaces infectées. Pour les FinTech du secteur des paiements, il s’agit d’accompagner le développement du paiement sans contact : par exemple, grâce aux véhicules connectés et à « l’Internet des Objets », une personne va pouvoir payer son plein de carburant depuis l’écran tactile de sa voiture, ou encore commander à manger, etc. En associant l’Internet des Objets et la Finance, une masse énorme de données est ainsi obtenue. La combinaison est très intéressante et les FinTech vont devoir être en mesure de l'utiliser comme levier pour se démarquer. Plus spécifiquement, la monétisation de l’usage de ces données devrait attirer de nouveaux entrepreneurs FinTech.

Conclusion


A la lumière de cette présentation des potentielles opportunités futures, il est fort probable qu’à l’issue de la crise du COVID-19, les FinTech françaises poursuivent leurs levées de fonds si bien entamées en ce début d’année 2020.

L’étude de Deloitte Etats-Unis est disponible en ligne : https://www2.deloitte.com/us/en/pages/financial-services/articles/beyond-covid-19-new-opportunities-for-fintech-companies.html


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